Une voûte céleste à protéger

Dans nos Cantons, deux Réserves de ciel étoilé visent à préserver de la pollution lumineuse des zones d’azur. À vos télescopes !

Carolyne Parent

À l’instar des réserves fauniques et autres parcs nationaux à vocation de conservation, une réserve de ciel étoilé est un bout de ciel préservé d’un éclairage public et résidentiel abusif, qui altère l’observation des astres. En clair, c’est une rare fenêtre sur l’univers à l’état pur !

Visant à récompenser les communautés mettant en place des mesures pour minimiser la pollution lumineuse et ainsi assurer une grande qualité d’observation des objets célestes, les désignations sont décernées par des instances telles que l’International Dark-Sky Association (IDA) et la Société royale d’astronomie du Canada (SRAC). Et il se trouve que celles-ci ont salué le travail de deux sites de notre région.

Ainsi, en juin dernier, la SRAC désignait la station de montagne Au Diable Vert, située à Glen Sutton, Réserve canadienne de ciel étoilé. Il s’agit de la 21e au pays. En contrepartie, la station et sa périphérie immédiate s’engagent à conserver le ciel au-dessus de leur territoire exempt de pollution lumineuse.


Un planétarium à ciel ouvert

Jeremy Fontana, le propriétaire d’Au Diable Vert, rappelle que « des 88 constellations existantes, 35 sont visibles chez nous ! » Son National Geographic ObservÉtoiles, soit l’activité d’interprétation de ces constellations proposée, profite à plein de ce havre d’obscurité. Et ce, pour votre plus grand plaisir : muni d’un casque de réalité augmentée et confortablement assis dans un amphithéâtre extérieur doté de sièges chauffants, vous voilà prêt à être émerveillé !

« Après avoir parlé à des milliers de visiteurs, j’ai réalisé qu’ils se posent plusieurs questions en observant le ciel, dit-il. Une planète ou une étoile ? Pourquoi les étoiles scintillent-elles ? Etc. J’ai alors commencé à réfléchir à une façon de regarder le ciel qui permettrait de mieux comprendre ce qu’on y voit. » Ainsi est née l’idée d’y superposer des illustrations des constellations datant du XVIIe siècle.

Ajoutez une narration qui raconte la petite histoire de ces constellations, un fond musical et une explication en direct du mouvement sidéral par un spécialiste, et voilà une réalité qui semble drôlement bien rehaussée !


Pour l’avenir de la science

L’autre site qui s’illustre dans la lutte pour la pérennité d’un ciel noir, c’est le parc national du Mont-Mégantic. En 2007, l’IDA en faisait d’ailleurs la première Réserve internationale de ciel étoilé au monde ! Depuis, 11 autres lieux, en Irlande comme en Namibie, ont été pareillement désignés. Dans son livre De la Terre aux étoiles, le responsable de l’éducation à l’ASTROLab du parc, Sébastien Giguère, raconte que la nécessité de protéger le ciel étoilé est apparue en 2003, à la suite d’un constat : « la luminosité nocturne du ciel au sommet du mont avait plus que doublé depuis l’ouverture de l’observatoire », en 1978. Pour assurer sa viabilité scientifique, il fallait donc contrer l’usage excessif de l’éclairage artificiel dans la région.

« Au total, ce sont plus de 3 300 luminaires de rue qui ont été remplacés jusqu’à Sherbrooke, entraînant des économies d’énergie de près de 2 gigawattheures et une réduction de la pollution lumineuse d’environ 35 % », écrit M. Giguère.

Cela signifie pour vous des conditions d’observation exceptionnelles du paysage céleste dans l’îlot de noirceur du parc. Elles seront particulièrement bien appréciées du 10 au 14 août prochain, à l’occasion des Nuits des Perséides. À votre place… je ferais le vœu d’y aller.

Jetez un coup d'œil à ces 5 endroits où aller observer les Perséides.

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