Vélo

Récit de voyage sur la Véloroute Gourmande

Quatre cyclistes, trois jours, deux orages et une infinité de fun!

Publié le 2 mai 2023

Par Simon Diotte.

-Les filles, êtes-vous prêtes à relever un défi?

-Ça dépend, me dit Romane, mon aînée de 14 ans.

-Bof…, ajoute Marion, ma cadette de 11 ans.

J’hésite un instant. Vais-je vraiment leur proposer cela? Ah pis advienne que pourra.

-Je veux parcourir avec vous la distance entre Montréal et Sherbrooke…à vélo.

Sur le coup, je suis certain que mes filles m’enverront paître. Mais il se produit un petit miracle. Elles trouvent l’idée emballante. Marion a quand même un moment légitime d’hésitation.

-Ça me paraît cool, mais Sherbrooke, c’est à combien de kilomètres?

Détail important. J’osais peu le mentionner, histoire de ne pas les décourager. Mais je dois faire preuve d’honnêteté.

-Seulement…hum….235 km, leur dis-je en toussotant, tentant de masquer la vérité.

Second miracle. Mes filles encaissent le coup.

-OK, cool, quand part-on? », me dit Romane.

-Dans un mois!

C’est avec les jambes très peu entraînées, mais avec le cœur au ventre que nous sommes parties, en compagnie de mon frère Martin à l’assaut de la Véloroute gourmande, cet itinéraire cyclable reliant Montréal à Sherbrooke ponctué de bonnes adresses où se remplir la panse.

Par manque de temps, nous partons de Saint-Jean-sur-Richelieu, coupant les 45 premiers kilomètres du parcours. Pour les bagages, on fait affaire avec un partenaire de la Véloroute gourmande, Voyager à vélo, qui les transporte à chaque étape, tout en nous ramenant à notre voiture à la conclusion de notre virée cyclotouristique.

Nous voyageons donc léger, sauf mon frère Martin, qui tient à transporter ses bagages comme un vrai, avec son équipement presque 100 % issu des Cantons-de-l’Est. Son vélo est de marque Panorama, une entreprise de Granby, et ses sacoches sont des Arkel, une compagnie de Sherbrooke. Mononcle Martin se sent dans son élément!

Jour 1 – De Saint-Jean-sur-Richelieu à Granby

Samedi 13 h, nous commençons notre aventure sous un soleil radieux en traversant le pont Gouin qui enjambe le Richelieu. Le mercure dépasse les 30 degrés Celsius. Nous oublions rapidement la chaleur caniculaire et nos muscles ankylosés grâce à la beauté du parcours. Nous roulons ici sur La Montérégiade, un corridor de 48 km de bitume, à l’exception de quelques kilomètres en poussière de pierre, coupant les champs agricoles en deux. Le parcours est plat comme la Belgique et rectiligne, héritage de son passé d’ancien chemin de fer.

À Farnham, c’est la pause ravito. Il fait alors 34 degrés Celsius, mais un p’tit vent rend la chaleur supportable. Jusqu’à Granby, La Montérégiade nous en met plein la vue. Nous avons adoré son caractère campagnard, son isolement de la circulation automobile et son faible achalandage. Côté trafic, une vache a traversé la piste. Voilà ce que nous en retenons.

À Granby, la fatigue se fait ressentir, après une soixantaine de bornes dans les cuisses et un soleil qui nous malmène. À 17 h, ô bonheur, nous frappons un orage que nous accueillons comme un cadeau du ciel. Enfin, nous avons froid! Puis une crème glacée chez Monsieur Grizzly nous redonne l’énergie nécessaire afin de conclure les derniers kilomètres sur l’Estriade qui nous mènera jusqu’à Bromont. Nous arrivons à 20 h dans notre chambre, après 72 km de vélo. Les filles font la grève. Pas question de sortir. Nous ferons livrer.

Jour 2 – De Granby à Orford

À 6 h du matin, le mononcle est déjà prêt à partir. Pas nous! Ayoye, rouspètent mes muscles. Mes filles sont fraîches comme des roses et ne rechignent pas du tout à pédaler. Après le déjeuner, nous retournons sur l’Estriade, autre ancienne voie ferrée. C’est calme et paisible. Une dizaine de kilomètres plus loin, l’estomac réclame déjà du réconfort. Nous nous arrêtons chez Duvoquic, à Waterloo, afin de goûter à leurs fameux gâteaux. Menoum!

Par la suite, nous quittons l’Estriade et son faible dénivelé pour La Montagnarde, une piste qui a du relief. Nous devrons parfois rendre les armes et débarquer de nos montures pour les gravir. Les descentes sont enivrantes, ce qui en fera notre étape préférée. Quand nous arrivons à Eastman pour le lunch, nos batteries sont à plat. Dans le cœur du village, à 2 km de la Véloroute gourmande, nous avons plusieurs endroits où nous sustenter. Nous aboutissons à la terrasse du restaurant O’Dac Eastman, où nous avons très bien mangé.

Quand nous repartons, nous croyons que le pire est derrière nous. Erreur! Les kilomètres suivants de La Montagnarde nous mettent encore à l’épreuve. Jusqu’à l’entrée du parc national du Mont-Orford, ça monte presque sans relâche, en circulant dans une belle forêt de feuillus.

Lorsqu’il est temps de redescendre vers l’étang aux Cerises, mon frère Martin pimente l’expédition en se tapant une crevaison. Puis Dame nature nous jette des chaudières d’eau sur nos casques. Si bien que nous arrivons tout détremper à notre motel, après 65 km à l’odomètre et 1000 m de dénivelé. C’est officiel, notre périple accède au statut de grande aventure!

Jour 3 – De Magog à Sherbrooke

Après deux journées dans les 30 degrés, le mercure chute à 8 degrés en matinée. Nous entamons notre journée en grelottant sur nos bécanes. Nous nous attaquons aux derniers kilomètres de La Montagnarde en passant par la ville de Magog et en suivant la rivière du même nom, admirant le lac Memphrémagog au passage, puis nous nous enfonçons en forêt pendant de nombreux kilomètres. En bougeant, nous produisons assez de chaleur pour être confortables.

À Rock Forest, nous sommes à la croisée des chemins. La Véloroute Gourmande nous invite à faire un grand détour par North Hatley avant de nous rendre à Sherbrooke. Un crochet de plus de 30 km, ponctués de bonnes pentes. Fatigue oblige, nous décidons de rouler directement vers le centre-ville de Sherbrooke, retranchant une vingtaine de kilomètres à notre itinéraire.

Nous arrivons à 13 h au Bureau d’accueil touristique, ligne d’arrivée de notre aventure, après un autre 45 km dans le corps, et 500 m de dénivelé additionnel. La récompense : une poutine au casse-croûte chez Louis, une institution de Sherbrooke. Tout cet effort en valait vraiment la peine. Menoum menoum!

Bilan de notre expé: 182 km de vélo, deux orages, une crevaison, 1300 photos et une infinité de souvenirs mémorables. Sur le chemin du retour, il était déjà question du prochain voyage sur deux roues.

Quelques conseils avant de partir

-Prévoyez plusieurs semaines à l’avance votre itinéraire en réservant votre hébergement afin de vous assurer de dormir à proximité du parcours. Si une distance de 10 km en auto n’est rien, il en va autrement après une longue journée sur la selle.

-Réservez les restaurants en soirée si vous voulez assurément profiter des bonnes adresses de la Véloroute gourmande. Les bonnes tables se remplissent vite.

-Contactez dès que possible l’entreprise Voyager à vélo si vous souhaitez profiter d’un service de transport de bagages et d’une navette pour retourner à votre point de départ.

-N’oubliez pas de partir sur la route avec une minitrousse de réparation (pompe, chambre à air, clés à pneu, etc.). Vous n’êtes jamais à l’abri d’une crevaison.

-À noter que la Véloroute se fait bien avec tout type de vélo : vélo de route, hybride, gravelle, etc. Voyager à vélo loue des vélos de bonne qualité pour ceux qui doutent de leur monture.

Simon Diotte

Journaliste indépendant et rédacteur en chef de Géo Plein Air, Simon Diotte est passionné de nature et de plein air. Ses sports de prédilection : le canot, le kayak, la randonnée pédestre et le ski de fond. S’il adore les défis sportifs, il aime aussi profiter des grands espaces en famille avec ses deux filles.
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